Climat : l’Union Européenne dévoile son plan d’action

L’Union Européenne a rendu public son plan d’action, qui vise à accélérer le développement des énergies renouvelables et la réduction des émissions de CO2. Les mesures proposées font l’objet de nombreuses critiques.

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« Paquet énergie-climat »: la feuille de route pour une Europe plus verte.

Le « paquet énergie – climat » de l’Union Européenne

La Commission Européenne a présenté, mercredi 30 novembre 2016, son « paquet énergie-climat ». Des mesures, qui s’inscrivent droit dans la lignée des Accords de Paris sur le climat. Ce volumineux dossier présente toute une série de propositions législatives, qui portent principalement sur trois thèmes :

  • L’efficacité énergétiques des bâtiments,
  • Le développement des énergies renouvelables,
  • Les règles de gouvernance du marché européen de l’électricité.

La lutte contre la précarité énergétique

Les 28 membres souhaitent réduire leur dépendance énergétique et notamment en matière de gaz naturel. 30 % du gaz consommé en Europe provient de la Russie. De plus, l’efficacité énergétique constitue une solution pour lutter contre la précarité énergétique. Les hausses constantes du prix de l’énergie pèsent de plus en plus lourd sur le budget des ménages européens et certains d’entre eux, n’arrivent plus à payer l’addition. Leur seul moyen de s’en sortir est de réaliser des économies d’énergie. La Commission européenne a ainsi revu ses objectifs de performances énergétiques à la hausse. Ils passent de 27 % à 30 % à l’horizon 2030. Selon Bruxelles, l’objectif de 30 % permettra de dynamiser le marché de la rénovation immobilière et de sortir de la pauvreté énergétique entre 500 000 et 3,2 millions de foyers. Parallèlement, l’UE prévoit la création de 400 000 emplois supplémentaires par rapport à l’objectif de 27 %.

Le développement des énergies renouvelables

L’Union Européenne vise une réduction des gaz à effet de serre de l’ordre de 40 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990. La part des énergies renouvelables dans la consommation totale des énergies doit, quant à elle, atteindre 27 % par rapport à 1990 et l’UE est sur la bonne voie. Elle devrait dépasser les 20 % en 2020. Pour continuer le développement des énergies propres, Bruxelles propose plusieurs mesures. Par exemple, les fournisseurs d’électricité basés sur les énergies fossiles devront augmenter de 1 % chaque année et cela jusqu’en 2030 leur part d’énergie renouvelable dans leurs livraisons d’énergie. Une limite de 550 grammes de CO2 produit par kilowatt / heure sera mis en place afin d’empêcher la survie des centrales à charbon les plus polluantes.

Seuls bémols, les nouveaux projets de raccordement ou d’exploitation ne bénéficieront désormais plus de l’accès prioritaire sur le réseau. Une mesure, qui avait été accordée, en 2009, aux énergies renouvelables. Et enfin, les « mécanismes de marché » ne disparaissent pas. Au contraire, ils s’étendent et notamment à la France et à la Pologne. Ce dispositif consiste à récompenser les producteurs, qui sont capables de produire de l’électricité lors des pics de consommation. Les critères environnementaux ne sont, dans ce cas de figure, malheureusement pas pris en compte.

La gouvernance des marchés européens

Un système de surveillance des progrès effectués par les 28 est envisagé. Les États s’engagent à fournir des bilans d’étape tous les deux ans. Les premiers « plans nationaux » devront être transmis aux instances communautaires dès 2018. La Commission promet d’envoyer aux mauvais élèves des recommandations afin qu’ils revoient leur politique énergétique. Le projet doit être encore validé par le Conseil et le Parlement européen avant d’entrer en vigueur.

La surveillance pourra s’étendre également au niveau des prix. Certaines capitales risquent de ne pas jouer le jeu, car il existe de fortes disparités entre les pays. Les dépenses énergétiques des ménages à Malte s’élèvent à 4 % contre 14 %, en moyenne, en Slovaquie.

Des objectifs jugés peu ambitieux

Le « paquet – énergie » est vivement critiqué par de nombreuses entreprises (Philips, Schneider Electric, Siemens ou Veolia) et ONG, qui militent contre le réchauffement climatique. Ils jugent les objectifs de l’UE peu ambitieux. Ainsi, une soixantaine de maires des plus grandes villes du monde ont boycotté le rapport de la Commission en se réunissant le même jour de la publication, à Mexico. Cette rencontre a permis de partager des solutions pour rendre leurs communes plus écoresponsables. Regroupés sous l’organisation, le Cities Climate Leadership Group (C40), ces hommes politiques cherchent, par le biais de leurs actions, à influencer les gouvernements et à convaincre les climato – sceptiques.

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